DŒUILLET - Voici un nom et une figure bien français. On aimerait écrire ce nom avec la particule; si l'on ne l'écrit point, on le pense, car il semble qu'elle ait été supprimée volontairement.
M. Dœuillet est un grand amoureux du beau. Pour la robe il professe l'amour de la simplicité de lignes et d'ornementation. S'il sacrifie parfois au caprice de la mode, c'est que son éclectisme est conciliant. Bien que très parisien, M. Dœuillet aime les voyages et ne justifie point la réputation qui confère à nos compatriotes des goûts casaniers. Il voyage à travers les villes et les musées et s'inspire, au hasard du chemin, des beautés qu'il rencontre, - notamment parmi les toiles des maîtres de toutes les écoles de peinture. - Sa préférence pour les étoffes souples est marquée, celles-ci s'adaptant mieux à l'ondoyante silhouette féminine. On voit partout ce Parisien raffiné: aux pesages, au théâtre, - où le couturier préfère pourtant, comme champ d'observation, les représentations devant le vrai public, aux salles de générales ou de premières, qui ne se renouvellent guère. C'est là un point de vue original et judicieux pour un technicien de la robe. Ce créateur d'élégances féminines, sensible à toute beauté, ce mondain fort répandu, est heureux cependant, sa journée de labeur finie, de réintégrer son joli "home" de l'avenue Hoche, où, entouré de quelques amis, il savoure, parmi les nuages odorants du maryland, un repos bien gagné. Ce sympathique gentleman n'a-t-il donc point de défaut, prêtant à quelque bonne rosserie médisante?
Il aime les jolies femmes! - On dit qu'elles le lui rendent bien. - Honni soit. ..